Carnets d'éternité : 30 ans au bout du monde de Philippe Montillier
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Carnets d’éternité : 30 ans sur les chemins du monde de Philippe Montillier

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Service de presse

Carnets d’éternité : 30 ans sur les chemins du monde est un livre qui m’a été directement adressé par l’auteur.

Un beau cadeau en cette période de fin d’année alors que les publications de Philippe Montillier sur Facebook ou Instagram me subjuguent par leur beauté : grâce visuelle, mélodie des mots, profondeur du regard.

Souplesse du geste, rivière vers Cao Bang, nord Vietnam 1992"Après avoir travaillé dans les champs vert tendre, les…

Publiée par Philippe Montillier sur Dimanche 3 novembre 2019

Ma rencontre virtuelle avec Philippe Montillier

À force de voir ses publications likées par La Voyageothèque, Philippe Montillier m’a gentiment proposé de m’envoyer son livre contre la publication d’une chronique.

Voici donc ma part de « l’échange » qui sera sans commune mesure avec ce geste qui m’a vraiment ravie. Pure logique commerciale diront certains puisque tout auteur a besoin que l’on parle de son livre pour qu’il se vende, et j’en sais quelque chose… Toutefois, je préfère le voir comme un geste du cœur, Philippe Montillier aurait très bien pu m’adresser une simple copie numérique. Or il a pris la peine de m’offrir un exemplaire papier, dédicacé en prime et sans avoir aucune exigence de date de publication pour mon « papier ».

Ma seule surprise à moi est de publier cette chronique quelques jours avant Noël, bien avant le délai que je lui avais fixé à fin mars 2020 ! Une façon de remercier Philippe Montillier pour la confiance qu’il m’a témoignée.

Carnets d’éternité est un livre édité par Georama, maison spécialisée dans la littérature de voyage qui avait également publié Ludovic Hubler pour Le monde en stop.

Comme d’habitude, voici mon avis sur cette lecture en toute indépendance. Ceux qui me lisent régulièrement savent que les services de presse peuvent se suivre sans se ressembler et que la qualité n’est pas toujours à la hauteur de mes espérances.

Qu’en est-il pour les Carnets d’éternité de Philippe Montillier ?

Un livre, un homme, une vie, un miroir.

Je suis touchée.

Le chemin de Philippe Montillier, un parcours de vie hors du commun ?

Les premiers chapitres du livre constituent une sorte de rétrospective de la vie de l’auteur. Puisque son ouvrage reprend 30 ans de voyage, Philippe Montillier nous dévoile ce qu’a été sa vie durant cette période de référence. Trois décennies très occupées, par le voyage bien entendu, mais pas seulement.

On apprend qu’il est infirmier en centre hospitalier et que sa passion pour la photographie et son désir ardent d’expédition l’ont toujours aidé à maintenir un équilibre dans sa vie. Il eut même l’occasion d’illuminer la vie des patients en exposant ses photographies dans les couloirs sans âme des hôpitaux.

Infatigable marcheur et alpiniste chevronné, il a eu à cœur de raconter ses expéditions, pour partager, pour transmettre, pour faire rêver, pour ouvrir le champ des possibles, grâce à la photographie et à l’écriture.

Ainsi, revenir avec des mots qui racontent les choses et des photographies qui les illustrent est pour moi la plus belle façon de ne pas rentrer bredouille d’un pays, d’une région où j’ai été touché, interpellé, presque animé d’un devoir de mémoire.

Philippe Montillier, Carnets d’éternité, « Partir et revenir »

Devenu éditeur faute de maison acceptant de publier son premier livre, il alla jusqu’au bout de ses idées (idéaux ?) en fondant les éditions de la Boussole, s’édite puis publie d’autres écrivains à leur tour avant de revendre cette société, car, cette activité, ô combien passionnante, lui prend vraiment trop de temps.

Homme enthousiaste et investi, il ne fait jamais les choses à moitié ! Entre l’édition et les voyages-expéditions, il a choisi.

Passionné de montagne, son chemin l’a souvent mené dans l’Himalaya et en particulier au Népal, pays pour lequel il voue une véritable fascination avec près de 50 visites depuis 1986 !

Le Népal est une destination à part, ce pays interroge, émeut, bouleverse, transmet quelque chose, plus qu’aucun autre.

Philippe Montillier, Carnets d’éternité, « Le Népal, une histoire particulière »

Un parcours qui me parle, qui me fait l’effet d’un miroir, non pas sur mon propre itinéraire, je ne serai jamais alpiniste, j’ai bien trop le vertige, et ne serai assurément jamais aussi courageuse que Philippe Montillier. Mais un miroir de mes propres rêves, de mes aspirations, un reflet de mon âme.

C’est étrange de se reconnaître dans les mots d’un autre, de se dire que d’autres passent par un chemin intérieur similaire au sien.

Carnets d'éternité : 30 ans au bout du monde de Philippe Montillier
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30 ans sur les chemins du monde : le cœur de l’ouvrage

30 années de voyage, d’expéditions, de trekking nous sont contées. L’auteur s’est astreint à ne choisir qu’une seule destination par an parmi ses multiples voyages. Et me voilà donc partie avec lui à « arpenter le monde ! » durant environ 120 pages.

Un tour du monde par étape

120 pages pour 30 voyages, c’est peu. Cela donne une moyenne de 4 pages par récit, c’est vraiment très court pour plonger véritablement dans le décor et se laisser porter par les mots de Philippe Montillier.

On passe du silence et de l’immensité du désert du Hoggar en Algérie à l’effervescence de Bombay en pleine période de mousson. Passage éclair au Mexique avant d’atteindre le premier 6000 au Népal, pays dans lequel deux expéditions sont relatées entrecoupées d’un séjour en Ouganda pour grimper sur le Ruwenzori, « l’un des massifs les plus humides au monde ». Des changements de décor assez radicaux donc qui font l’effet d’une télétransportation inattendue.

J’avoue m’être un peu perdue sur cette partie. Des brèves de voyage un peu trop brèves pour moi, mais l’exercice était difficile.

Comment raconter 30 années de cette richesse infinie, de rencontres, d’émotions ?

Je sais que je reviendrai vers ce livre. De temps en temps. Pour picorer çà et là quelques récits pittoresques lorsque j’aurai envie d’une destination précise ou de redécouvrir des régions lointaines dont le nom seul invite déjà au voyage : Dolpo, Baie d’Ha-long, Mustang, Aconcagua, Rajasthan, etc…

Je crois que pour vraiment profiter de ces 30 carnets, il faut les lire un par un, pas plus d’un par jour, sinon on se perd à force de faire des tours et des détours.

Et c’est dommage de s’égarer dans la lecture, car l’écriture de Philippe Montillier est infiniment belle. Elle a cette capacité à vous entraîner très loin. Tellement loin, que j’ai chaque fois du mal à en revenir. C’est peut-être pour cela que j’ai trouvé chaque récit si court et que je n’ai pu me téléporter dans la nouvelle destination juste en un saut de ligne… et ce malgré la petite carte qui situe le nouveau carnet à chaque fois.

Des carnets de voyage forts

Les récits font référence à l’histoire, la géographie, la géologie, à de grands écrivains ou explorateurs du passé. Ces carnets sont très riches d’informations, à la fois découverte des paysages, des gens, de leurs traditions et de leurs modes de vie.

« Accueillis par des enfants noirs de suie, boucles de turquoise à l’oreille et chuba en laine écarlate, nous découvrions, émerveillés, l’intérieur si longtemps imaginé de l’enceinte. Un groupe de vieillards discutait assis en tailleur dans la poussière, des femmes vêtues de belles étoffes portaient des fagots de bois à l’aide de la traditionnelle sangle de soutien qui leur barre le front, deux moines se rendaient d’un pas rapide – sûrement en retard – au monastère adjacent, un cavalier arrivait au galop du Tibet, chargé de petites caisses de bois contenant du cuir. »

Philippe Montillier, Carnets d’éternité, « Le royaume oublié du Mustang, Népal, 1995 »

Un regard, jamais un jugement, l’observateur qu’est Philippe Montillier cherche à prendre la photo juste, s’efforce aussi d’employer le mot juste pour décrire sa pensée, son émotion. En cela, l’auteur est très fort.

Ses émotions deviennent miennes.

J’aime particulièrement les mots qu’il pose sur les photographies qu’il partage sur les réseaux sociaux.

Pénitents de glace sur les flancs de l'Ojos del Salado, nord Chili 2002"Le plus haut volcan actif du monde, le…

Publiée par Philippe Montillier sur Lundi 11 novembre 2019

Un exercice auquel il ne peut s’adonner dans ce livre, car les photos sont compilées dans deux carnets couleurs et ainsi déconnectées du contexte de la prise de vue.

Les deux carnets photographiques de Carnets d’éternité présentent l’avantage de donner au lecteur un aperçu des reportages qu’a accumulés Philippe Montillier au fil du temps. Toutefois, j’en trouve l’intérêt limité sans texte explicatif. Pour apprécier véritablement le travail du photographe, préférez suivre Philippe Montillier sur les réseaux sociaux ou vous procurer d’autres titres comme Himalaya, avec les porteurs du Népal, Hautes vallées du Népal ou encore Djibouti, caravaniers du sel.

Enfin, ce qui est sublime dans ces récits, c’est le regard que l’écrivain-photographe porte sur l’autre, sur ces gens qu’il rencontre, de façon souvent fugace.

Des yeux qui se croisent, un sourire échangé, et chacun poursuit sa route.

J’ai aimé qu’il porte son intérêt sur ces inconnus, à la vie souvent difficile, mais dont le dénuement semble suffire à leur bonheur.

La montagne, le Népal, le désert, la marche et le silence

Les derniers chapitres complètent les 30 carnets dans le sens où ils viennent confirmer des suppositions que l’on peut faire au fil de la lecture.

Ainsi, Philippe Montillier nous renseigne encore davantage sur l’essence même de ses voyages, son carburant quotidien, ce qui l’a amené à emprunter ce chemin, ce qui fait sens dans sa vie.

Un éloge aux grands espaces, à la marche et au silence. Ce silence que j’aime tant écouter… moi aussi.


Carnets d’éternité, c’est 30 ans à visiter des lieux d’exception, la plupart du temps au rythme lent de la marche, sans oublier les hommes, les femmes et les enfants qui y vivent.

Un regard à travers l’objectif. Mais pas n’importe lequel, pas le petit bout de la lorgnette, non, un grand-angle.

Un hommage poignant à notre Terre et à ses habitants.

Carnets d’éternité : 30 ans sur les chemins du monde, à déguster lentement, à savourer pleinement.

Un titre à faire figurer dans sa bibliothèque, en grand voyageur, ou grand rêveur que vous êtes certainement.


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