Du petit-Rhône à la Grand'Bouche de Alain Arnaud
France

Du Petit-Rhône à la Grand’Bouche, la Camargue honorée

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Service de presse

Du petit-Rhône à la Grand'Bouche de Alain Arnaud

Du Petit-Rhône à la Grand’Bouche c’est, comme l’indique son sous-titre, un recueil d’anecdotes, contes et poèmes autour d’un petit cabanon en Camargue. Un ensemble de textes qui œuvrent tous dans le même but : sublimer la Camargue, cet espace naturel fait de marécages et d’étangs où les eaux du delta du Rhône et de la Méditerranée se mêlent pour donner naissance à un paysage unique, mais loin d’être uniforme.

Son auteur, Alain Arnaud, est un enfant du pays. Vraisemblablement très attaché à sa région et à ses traditions, il entreprend de raconter son petit paradis provençal et de mettre en scène ses souvenirs dans des histoires courtes ou des poèmes. Cela donne un recueil publié en mai 2019.

Ces histoires flânent au sud du pays d’Arles, entre Fos-sur-Mer et Les Saintes-Maries-de-la-Mer, dans un périmètre que les anciens nomment encore boufo-mistràu tant la présence des vents y est coutumière.

Alain Arnaud – Du Petit-Rhône à la Grand’Bouche

Lire l’entretien de Alain Arnaud avec son éditeur ici.

Carte de la Camargue

En prose ou en vers, la poésie des textes m’a très vite amenée dans ces terres peuplées de pêcheurs et de gardians dont les abris, de petits cabanons, restent les témoins de traditions anciennes et refuges de dizaines d’histoires de vie, réelles ou fictives.

Photographie de Patou Ricard de Pixabay

Des textes courts pour raconter la Camargue

Comme Pagnol avait ennobli la garrigue, les cigales et les oliviers en son temps, Alain Arnaud s’attache à dépeindre sa Camargue avec toute la subtilité d’un amour à la fois tendre et passionné.

Les textes courts de Du Petit-Rhône à la Grand’Bouche mettent en valeur les liens qui unissent les gens entre eux et avec leur environnement. Point de grandes descriptions ou d’arrêts sur image, simplement des récits de vie qui s’inscrivent dans un paysage, dans des traditions.

Le recueil est composé de poèmes et de récits qui se racontent au coin du feu, au troquet devant le pastis, pendant un repas de famille.

Il contient ce genre d’histoires qu’un grand-père aimerait laisser en héritage à son petit-fils.

Cette nuit-là, un temps de chien s’abattit sur la Camargue ; un temps d’octobre. L’aube était bien loin encore et le sable et le ciel disparaissaient sous la tempête.(…)

Alain Arnaud – « Le dernier eigadié du Garrouyas » – Du Petit-Rhône à la Grand’Bouche

Des histoires d’antan et d’aujourd’hui partagées pour transmettre des valeurs de partage, le goût de la liberté, le respect de la nature.

Photographie de Christian Klein de Pixabay

Une occasion de lire de la poésie ? Pourquoi pas ?

Au nombre de 11, les poèmes occupent très exactement 28 pages du livre qui en compte 168 au total. Si on enlève les pages liminaires, l’avant-propos, les remerciements et le sommaire, ils représentent donc environ 20 % de l’ouvrage.

Pourquoi ces calculs bassement matériels dans cette chronique me demanderez-vous ?

Cela ne m’arrive pas souvent de compter ainsi les pages. Me serais-je ennuyée ?

Non, pas du tout.

D’ailleurs, mon introduction a dû vous laisser penser que j’avais apprécié la lecture et je ne reviens pas là-dessus.

Mais, si vous êtes comme moi, et que vous avez du mal avec la poésie, qu’il reste au fond de vous un vieux traumatisme de vos cours de français (alexandrins, métaphore, oxymore, anaphore, hyperbole, allitération, assonance, que de souvenirs…) où on étudiait plus la mécanique du texte que le texte en lui-même, eh bien, vous serez peut-être content·e de savoir que ce livre pourrait vous rappeler quelques moments désagréables…

Je dis bien « pourrait », au conditionnel. Car, l’âge et la maturité aidant, il est aussi possible que ce genre littéraire vous plaise davantage désormais.

Encore faut-il y goûter pour en faire l’expérience puisque l’on adopte souvent la tactique de l’évitement dans ce type de situation.

Avec Du Petit-Rhône à la Grand’Bouche, on a donc une occasion unique de se mettre à la lecture de la poésie tout en sachant que le reste de l’ouvrage (80 % quand même !) présente de courtes histoires qui se lisent facilement. Alors, essayez !

Bon, de mon côté, je dois bien vous avouer que malgré mes plus de 40 ans, je n’ai pas encore atteint la maturité pour apprécier à leur juste valeur ces poèmes !
J’en ai lu un, l’ai relu plusieurs fois, puis un 2e

puis j’ai sauté les pages en vers !

Je suis incapable de réaliser une quelconque analyse de ce que j’ai lu, je ne m’en souviens pas. Vraiment, les poèmes ne me procurent aucune émotion…

Ce qui n’a absolument aucun lien avec la qualité des textes. Je laisse à d’autres le soin de commenter ces parties de l’ouvrage. Avis aux amateurs.

En revanche, la poésie qui se dégage des histoires rédigées en prose (langage courant donc), elle, elle me touche. Ce serait dommage de s’en priver simplement parce que l’on n’est pas un adepte des rimes et de textes découpés en strophes.

Épinglez cette image sur Pinterest pour y revenir plus tard.

Des histoires simples qui donnent le sourire

Que ce soit Manolo, un jeune adolescent espiègle avec son copain d’aventure, ou Braillasse et son acolyte Tartavèu, les chasseurs grands buveurs de pastis, tous les personnages sont attachants.

C’est avec délectation que l’on suit les enfants dans leur projet de sauvegarde du patrimoine entaché par quelques imprévus, ou l’évolution du discours des chasseurs au comptoir.

Cet extrait promet quelques péripéties à deux enfants téméraires partis en quête d’aventure :

À son vélo, il avait attelé la jardinière ; une petite carriole fabriquée maison que sa mère utilisait pour ses journées de potager. Cet équipage saugrenu rappelait celui du père Sainfoin, un gitan des Saintes-Maries, rémouleur de son état, lequel par tous les temps sillonnait la Camargue, poussant sa meule à brancards en entonnant, pour illustrer sa présence, des chansonnettes de sa composition, qui toutes commençaient par : amoulaïré !

Alain Arnaud – Du Petit-Rhône à la Grand’Bouche

Chaque histoire dresse une magnifique galerie de portraits d’hommes, de femmes et d’enfants profondément provençaux, dans leurs habitudes, dans leur attachement au terroir, dans leurs usages de la langue.

Par ailleurs, les sobriquets utilisés par l’auteur dans les dialogues nous rapprochent de ces gens. Tout comme leurs préoccupations simples, mais porteuses de sens pour tous :

  • la liberté avec Manolo,
  • l’amour avec Toinon et Julia,
  • l’attachement aux traditions dans un monde changeant avec Braillasse.

Il se crée une sorte d’intimité avec les personnages que l’on voit évoluer dans leur quotidien, avec leurs forces et leurs fragilités.

Voir des portraits de Camarguais dans cette vidéo !

Un livre pour ressentir l’atmosphère de la Camargue

Photographie de Christian Klein de Pixabay

Du Petit-Rhône à la Grand’Bouche vous plongera en Camargue pour peu que vous y soyez déjà allé·e. Si les mots de sansouïre ou salicorne éveillent en vous des images, vous sentirez l’odeur et le goût du sel ou l’humidité ambiante des marais.

Vous vous souviendrez du bal des oiseaux, de la couleur irréelle des salins, des fiers gardians à cheval.

La sauvageonne, comprenez la redoutable vachette camarguaise, y tient sa réputation de bovine belliqueuse et imprévisible.

Les manadiers pratiquent encore un élevage extensif respectueux de la nature et de l’animal, donnant à la région un côté sauvage où les chevaux et les taureaux paissent librement.

Toutefois, si vous ne connaissez pas la région, les images pourraient vous manquer. Aussi vous trouverez quelques sites et blogs en fin d’article pour vous documenter (voir ici)

Les textes d’Alain Arnaud offre également une opportunité de donner une postérité à un patois qui ne figure pas dans le dictionnaire. Une langue chantante dont la mélodie nous rappelle le soleil, mais aussi la rudesse de la vie dans ces contrées.

Ainsi, vous vous sentirez totalement immergé dans cette Camargue sauvage et libre.

Un ouvrage à la mise en page soignée comme on en voit rarement

Extrait de Du petit-Rhône à la Grand'Bouche de Alain Arnaud
Extrait présent sur le site de l’éditeur : La compagnie littéraire

Alain Arnaud a souhaité donner à son livre la plus belle des apparences, comme si les mots qu’il avait écrits sur son pays natal ne suffisaient pas à lui rendre hommage.

Cela faisait très longtemps que je n’avais pas eu en main un livre d’une telle qualité.

Pour ce qui est d’un ouvrage essentiellement composé de texte, car pour les carnets de voyage, j’ai été particulièrement séduite par Une Bretagne par les contours, rappelez-vous.

  • Rappel de titre dans les marges ;
  • Choix d’une police spécifique pour les titres de chapitre ;
  • Des illustrations réalisées par Frédéric Raoux qui amènent un vrai plus aux différents récits

Du Petit-Rhône à la Grand’Bouche ne pourra que plaire aux Camarguais qui s’y reconnaitront certainement.

Si j’étais de la région, je serais extrêmement fière de voir ainsi mes valeurs et mes traditions honorées dans un livre.

Et pour les autres, c’est une occasion de découvrir ce territoire sauvage et la richesse de cette France rurale.

Du Petit-Rhône à la Grand’Bouche, un recueil à lire et à relire, dans l’ordre ou dans le désordre.

Un hymne à la Camargue, une ode à la liberté.

Du petit-Rhône à la Grand'Bouche de Alain Arnaud

Acheter Du Petit-Rhône à la Grand’Bouche sur :

Amazon

Cultura

Decitre

Pour approfondir

Voici quelques blogs ayant mis la destination à l’honneur pour vous donner ensuite envie de lire les mots d’Alain Arnaud et/ou y organiser une escapade :

Et, pour terminer, quelques sites officiels d’offices de tourisme ou institutions locales :


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10 commentaires

    • Carine

      Merci pour le commentaire ! Les photos ne sont pas de moi malheureusement. Mon dernier séjour en Camargue ne m’a pas permis de faire d’aussi beaux clichés. Lire le livre et écrire cet article m’ont donc donné une double raison d’y retourner !
      (Comme s’il fallait absolument une raison…)

  • Virginie THUILLIEZ

    Très bel article qui donne envie d’en savoir plus sur la Camargue ! J’ai aussi aimé ton honnêteté vis-à-vis de la partie “poésie” 😜 Personnellement, ça ne m’effraie pas, mais c’est vrai qu’il y a parfois des styles plus complexes à lire que d’autres, et donc plus ennuyeux pour moi aussi 😉

    • Carine

      Merci pour ton passage sur le blog Virginie !
      Pour les poèmes, je ne crois pas qu’ils soient particulièrement complexes. C’est mon rapport à ce genre littéraire qui n’évolue pas dans le temps…

  • Alain Arnaud

    Bonjour Carine, je viens de prendre connaissance de votre article et j’avoue ressentir une réelle émotion à la lecture de votre gentil compliment. J’apprécie que dans votre jugement vous ayez su voir autres choses que du texte ; l’art de vivre des habitants de ce petit coin de Camargue, ce que nous souhaitons partager avec le plus grand nombre. Je vous remercie d’avoir illustré votre article d’images très évocatrices de notre belle région, ce qui pourrait, sans aucun doute, donner à vos lecteurs une idée de voyage.
    Quant à la poésie, vous avez raison, je ne suis pas non plus un fervent adepte de ces constructions bien ordonnées. Si j’ai choisi de raconter ces histoires sous cette forme, c’est que je les voulais concises mais vives, dépoussiérées du superflu, changeant d’époque ou de lieu par la magie d’une simple strophe, afin de ne pas ennuyer le lecteur par des pages additionnées et qui n’auraient rien apporté à l’intrigue. Merci Carine, pour vos voyages, c’est toujours un plaisir de vous lire et pour l’objectivité de vos témoignages.
    Alain Arnaud.

    • Carine

      Bonjour Alain !
      Merci pour votre commentaire ! Je suis heureuse que ma chronique vous ait plu. Je lis (et j’écris) avec mes émotions. Bien plus qu’un jugement, mes avis sur les livres expriment des ressentis. J’ai été ravie que votre livre “m’oblige” à relire des poèmes. Même si je n’ai pas su apprécier ces passages, je suis certaine que d’autres y seront sensibles.
      “Du Petit-Rhône à la Grand’Bouche” propose un vrai voyage, au contact d’un territoire et de ses habitants. On y découvre la Camargue de l’intérieur, c’est bien plus riche qu’une ou deux journée de visites touristiques. Disons que les photos aident à visualiser les paysages pour celles et ceux qui n’ont jamais eu la chance de venir jusque chez vous.
      Au plaisir de vous revoir sur le blog. À bientôt.

  • DOUAT Annie

    Bonsoir Carine, le livre d’Alain, je l’ai lu et relu et l’auteur connait déjà mon ressenti, vous avez décortiqué et expliqué avec justesse toute l’excellence de l’écriture et de l’aventure littéraire. Votre blog et vos avis sont vraiment intéressants…merci d’apprécier notre belle Camargue et bravo pour ce long article ! Annie B.D

    • Carine

      Bonjour Annie !
      Effectivement, je crois que le livre d’Alain Arnaud est fait pour être lu et relu. On peut y piocher une histoire par ci, une histoire par là, en fonction de ce qui nous touche le plus. Nul besoin de le lire dans l’ordre. Personnellement, j’ai préféré “La sauvageonne de Tourvieille” à ma première lecture…
      Merci d’avoir pris le temps de commenter sur le blog.
      Au plaisir de vous y “revoir”.
      Bonne journée.

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