VIA COMPOSTELA de José Casatejada
Marche

Via Compostela, le chemin de Compostelle en 65 étapes

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Service de presse

Via Compostela est le récit du voyage entrepris par son auteur, José Casatejada, pour se rendre à pied à Saint-Jacques-de-Compostelle. D’une durée d’environ 2 mois, cette longue marche a mené le Jacquet (expression consacrée pour nommer les pèlerins/randonneurs sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle) des Monts du Velay à la Costa da Morte, comme l’indique le sous-titre du livre.

L’itinéraire en 65 étapes a donc débuté au Puy-en-Velay, emprunté la Via Podiensis en France jusqu’à Saint-Jean-Pied-de-Port puis le Camino francés en Espagne pour atteindre Santiago. Comme cela ne suffisait pas, le périple s’est poursuivi jusqu’au Cap Finistère (Fisterra) avant que José Casatejada ne rentre chez lui pour fermer la boucle.

Cartes disponibles sur le site internet de José Casatejada, consultation du 03/01/2020

Via Compostela constitue donc un témoignage sur ce chemin de randonnée devenu très fréquenté.

Une aventure sportive, spirituelle, mais avant tout humaine.

Les lecteurs de cet article ont aussi écouté l’épisode du podcast où José Casatejada a eu à coeur de nous raconter son périple.

Via Compostela, pour vous inciter à prendre la route le chemin

Un itinéraire classique

La coquille de Compostelle

Lorsqu’il s’engage sur la Via Podiensis, itinéraire balisé GR65 qui mène du Puy-en-Velay à Saint-Jean-Pied-de-Port, José Casatejada choisit la voie la plus empruntée du chemin en France à l’heure actuelle.

De toute façon, quel que soit le trajet choisi, s’engager sur le chemin de Compostelle ne présente pas en soi un parcours « original » dans le sens où des centaines de milliers de pèlerins l’ont foulé de leurs pas depuis le Moyen-Âge. Crapahuter sur ces sentiers poussiéreux, c’est s’inscrire dans l’histoire, suivre une tradition millénaire et profiter des traces historiques laissées par les hommes aux étapes. Ici une église, là un village remarquable, par ici une voie romaine pour le plus grand bonheur de l’auteur, passionné d’Antiquité.

Je songe à l’éprouvant parcours accompli sur la Via Aquitana, une de ces voies romaines qui me fascinent tant. Je m’endors, au pas lent des légions de pèlerins qui avancent. Demain, une autre étape…

José Casatejada, Via Compostela : Des Monts du Velay à la Costa da Morte

En France, la Via Podiensis est aujourd’hui la plus fréquentée, certainement pour la beauté et la variété des paysages traversés que le rythme lent de la marche laisse le temps de contempler.

©José Casatejada, photos de Conques et Saint-Jean-Pied-de-Port, disponibles sur son site internet, consultation du 3/01/2020

Opter pour ce parcours bien balisé et organisé (aussi bien sur la Via Podiensis que le Camino francés) facilite l’intendance liée à cette randonnée au long cours sans assistance. Les hébergements y sont nombreux, ainsi que les possibilités de se restaurer. José Casatejada n’a eu que rarement à déplorer des difficultés pour se loger sur ce trajet.

Un parcours unique

Malgré le fait que l’itinéraire soit des plus classiques, il n’en reste pas moins que cette expérience racontée par José Casatéjada est unique. Les étapes sont fixées par le pèlerin lui-même qui décide de la distance à parcourir ou de la durée de son effort, qui souhaite s’arrêter plus tôt pour profiter d’un village typique, modifie ses projets en fonction des rencontres et opportunités qui se présentent.

Les effets du pèlerin pour Compostelle

Restent encore les raisons qui poussent à entreprendre un tel périple. Pour l’auteur fraîchement retraité au moment où il s’élance du Puy-en-Velay (2010), il s’agissait de se prouver qu’il était encore pleinement actif alors que la société venait de le ranger dans la catégorie des « inactifs ». Tous les marcheurs n’ont pas une idée si claire de ce qui les amène à accomplir cette grande randonnée.

Le cheminement intérieur qui résulte de ces longues heures à mettre un pied devant l’autre est à la fois universel (quête de sens) et singulier (qui n’appartient qu’à soi).

En cela, lire Via Compostela revient à observer un parcours original qui se construit pourtant dans un sentier plus que battu.

Ce témoignage d’un homme à la vie banale parti avec la canne de son beau-père en guise de bourdon pourrait vous inspirer, vous inciter à faire ce premier pas que vous n’avez encore jamais osé franchir.

Un livre très descriptif

Via Compostela, un récit qui se veut fidèle à la réalité

Dans l’écriture du livre, j’ai perçu la volonté de l’auteur de retranscrire le plus fidèlement possible ce qu’il avait vu sur son chemin.

Vous découvrirez donc à travers ses yeux et ses mots, des villages et leurs édifices religieux, des paysages, des forêts, des collines, la flore omniprésente et la faune discrète.

©José Casatejada, photos prises sur le Camino francés en Espagne, disponibles sur son site internet, consultation du 3/01/2020

L’emplacement de la fontaine pour se ravitailler en eau, la physionomie du lieu de couchage, les plats au restaurant, la bière bien fraîche à la fin de la journée (l’auteur voue d’ailleurs un amour sans borne à l’Espagnole San Miguel… et il faut bien avouer qu’elle est bonne, la San Miguel 😉), tout le quotidien nous est dévoilé.

Cependant, José Casatejada fait preuve d’une certaine pudeur qui l’empêche de révéler complètement ses sentiments. Certaines émotions fortes nous sont confiées, mais il a tendance à passer très vite à d’autres préoccupations plus terre à terre. Il ne nous donne pas accès à ses pensées profondes, aux transformations qui s’opèrent en lui, ne formule pas d’avis, se positionne plus en observateur qu’en acteur en écrivant son récit.

Il conserve ainsi son jardin secret, ce chemin qui n’appartient qu’à lui.

Cet aspect m’a un peu beaucoup frustrée, je dois bien le reconnaître !

Surtout au début de ma lecture.

Puis je me suis laissée entraîner dans le train-train quotidien du pèlerin.

La routine du chemin de Compostelle

Coquille Saint Jacques pour Compostelle

Tous les jours la même chose. Tous les jours, mettre un pied devant l’autre, 65 jours durant. Tous les jours, les mêmes rituels.

Si vous vous engagez dans cette marche au long cours pour casser la routine de votre vie quotidienne, dites-vous bien que celle que vous vous apprêtez à vivre sur le chemin sera bien pire !

Tous les jours, se lever tôt, ranger son barda, marcher, rechercher l’hébergement, faire tamponner la créanciale (credencial en Espagne), installer son duvet, laver son linge à la main, prendre une douche, soigner ses pieds, traiter les ampoules, se masser du tendon d’Achille à l’entre-jambes, appeler les proches, se mettre en quête du repas pour le soir, se coucher et recommencer le lendemain.

Tous les jours.

Pendant 65 jours.

Vous pouvez me dire que les paysages traversés seront différents le lendemain, cela n’en fait pas moins une routine !

Mais cette routine qui effraie tant de gens dans notre monde moderne n’est pas si dramatique ! C’est elle qui vous permet d’être plus réceptif à ce qui vous entoure, d’être plus ouvert aux autres parce que vous n’avez plus aucune préoccupation pour le quotidien. Ainsi toute surprise qui vient perturber ces habitudes, aussi infime soit-elle, est un cadeau.

Cette routine, c’est une aubaine !

J’ai mis du temps à le comprendre. Mais pourquoi l’auteur s’acharne-t-il à nous écrire toujours les mêmes choses ?

« Je ne les reverrai plus. »

« J’ai téléphoné à Sylvie. »

« Demain, une autre étape. »

Ces trois phrases (ou d’autres très similaires) sont répétées à chaque étape !

Eh bien, simplement parce que cela correspond au chemin.

Au chemin authentique.

Chaussures de randonnée pour Compostelle
Le plus grand bonheur du chemin : retirer chaussettes et chaussures en arrivant au gite.

Tous les jours, les choses se répètent, José Casatejada croise des gens qu’il ne reverra plus jamais, il tente de joindre sa femme Sylvie qui lui manque tant, le lendemain une autre étape l’attend.

Réécrire inlassablement ces actions à chaque étape de son récit ne constitue qu’un processus d’écriture pour nous faire entrer pleinement dans son chemin, les difficultés qu’on peut y vivre comme les moments d’intense bonheur.

Sans vivre ce train-train quotidien, le lecteur serait-il capable de capter toute l’importance des rencontres, si éphémères soient-elles ? Pourrait-on prendre conscience de tous ces instants magiques si l’auteur ne nous embarquait pas dans le côté fastidieux de son quotidien ?

Je ne sais pas.

Mais toujours est-il que le lecteur qui s’imagine futur pèlerin ou randonneur saura à quoi s’attendre le jour où il ira traîner ses guêtres sur le chemin de Compostelle !

Un livre sur Compostelle riche d’enseignement pour les futurs Jacquets

Outre le fait qu’il est toujours intéressant d’avoir le témoignage de prédécesseurs, le lecteur attentif trouvera dans Via Compostela, tout un tas de petits détails pour organiser son propre voyage. Comment et où réserver ? À quoi s’attendre dans les hébergements ? L’auteur cite notamment les guides spécialement dédiés au chemin de Compostelle : les Miam Miam Dodo.

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Des livres pratiques également disponibles sous forme d’application à télécharger sur votre appareil mobile. Voir ici sur le Play Store ou l’App Store.

En effet, José Casatejada, a opté pour une randonnée au sac à dos « léger ». Ou tout du moins, moins lourd que s’il avait adopté une solution de voyage en totale autonomie avec toile de tente et réchaud comme l’a vécu Jean-Christophe Rufin.

Via Compostela et Immortelle randonnée se complètent donc particulièrement bien : deux approches différentes du chemin, des itinéraires distincts en Espagne (Rufin ayant emprunté la voie du Nord), le premier récit très descriptif, le deuxième beaucoup plus introspectif.

Grâce à Via Compostela, le futur randonneur (vous, pas moi, pas encore…) saura à quels désagréments s’attendre, apprendra quelques astuces pour marcher plus confortablement.

Et puis, vous ferez ensuite vos propres armes sur ce chemin qui deviendra votre chemin.

Compostelle, un pèlerinage à la rencontre de l’Autre, à la découverte de soi

Épinglez une de ces images sur Pinterest pour retrouver l’article plus tard !

Via Compostela, c’est aussi le récit de rencontres, de moments fugaces restés gravés à jamais dans la mémoire de son auteur ainsi que de la naissance d’amitiés durables.

C’est un voyage pour lequel José Casatejada est parti seul, mais dont il a atteint la destination au terme d’une marche effectuée à deux, un pèlerinage (ou une randonnée) dont il est rentré le cœur gonflé de la richesse de ces rapports humains qui surgissent si facilement en voyage, lorsque l’on se situe en dehors de nos contextes habituels et que l’on est tout disposé à profiter du moment présent.

L’après-midi s’écoule paisiblement, dans une sorte de nonchalance qui pourrait refléter une amitié ancienne, presque de l’intimité. J’apprécie grandement ce moment privilégié d’échanges avec ce couple attachant pendant lequel la magie de la rencontre opère une fois encore. Bien que temporaire, il n’en est que plus intense et me comble d’une joie excitante. Nous nous séparons en nous souhaitant mutuellement un « Buen Camino ! » empreint de sympathie, comme une promesse de se revoir.

José Casatejada, Via Compostela : Des Monts du Velay à la Costa da Morte

Cette expérience a également ouvert une nouvelle voie dans la vie de l’auteur qui, s’il ne savait pas quoi faire de sa retraite au moment où il a quitté la « vie active », a trouvé désormais une nouvelle passion pour la marche, de plus ou moins longue durée. Un autre livre a d’ailleurs vu le jour avec Via Stevensonia, le récit d’une marche entreprise au printemps 2011 sur le chemin de Stevenson, du Velay aux Cévennes.

Lire Via Compostela, c’est vous immerger dans une expérience singulière du pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle, contempler les beautés de la France et de l’Espagne sur l’itinéraire et, peut-être, vous inciter à faire votre premier pas sur ce chemin mythique qui défie le temps.

Couverture Via Compostela
Résumé de Via Compostela

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Cliquez sur l’image pour afficher le résumé de la 4e de couverture !

L’éventualité de parcourir ce chemin vous a-t-il un jour effleuré l’esprit ? Si la réponse à cette question est positive, je crains fort que cette idée ne vous quitte pas si facilement et revienne régulièrement frapper à votre porte. Qu’attendez-vous pour vous lancer ? Dites-moi tout en commentaire !

Et moi ?

Vous êtes bien curieux·se !

Un jour peut-être…


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4 commentaires

  • José CASATEJADA

    Bonjour Carine,

    MERCI ! Je viens de lire et relire votre chronique ! Elle donne envie de marcher sur ce chemin… Je dois avouer qu’après avoir lu celle concernant “Immortelle randonnée”, j’appréhendais beaucoup. Votre travail est de grande qualité : simplement pro, soigné, détaillé, illustré, constructif. Il donne envie de lire “Via Compostela” ! De plus, il me révèle des améliorations que je dois apporter à mon style littéraire, pour cela je vous remercie également.

    Bien cordialement,

    José CASATEJADA

    • Carine

      Bonjour José,
      Merci beaucoup pour votre commentaire ! Je suis ravie de lire que cette chronique vous plait et qu’elle vous donne envie de lire votre propre livre !
      Au plaisir de découvrir vos autres ouvrages dans un futur plus ou moins proche…
      À très bientôt.

  • HASAN

    C’est une marche que je souhaite entreprendre depuis longtemps. J’ai lu le livre de Jean Christophe Rufin et tu m’as donné envie de lire celui-ci. Maintenant je n’ai plus d’excuses il ne me reste plus qu’à passer à l’action.
    J’en profite aussi pour rebondir sur les routines. Je pense qu’elles sont importantes dans nos vies et celles que tu décris dans ton article me font bien envie.
    Encore bravo pour ton blog!

    • Carine

      Bonjour Hasan,
      Merci beaucoup pour ton passage sur le blog et d’avoir pris le temps de commenter !
      Les récits de voyage sur Compostelle m’attirent depuis longtemps. Et le chemin revient régulièrement dans mes pensées. Je crois qu’il ne me laissera tranquille que lorsque j’aurai entrepris la marche… Comme tu le dis si bien, il ne reste plus qu’à passer à l’action !
      Tiens-nous au courant si un jour tu te lances dans ce défi !

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